Je suis en retard, je suis en retard. A 22 h 32 précisément, il aurait fallu, en journaliste consciencieuse, que je publie cette nouvelle à l’heure dite : "Ce soir, 22 septembre, à 22 h 32 précise, la terre entre dans l’équinoxe de l’automne". Mais qu’est-ce qu’un équinoxe, et un solstice, vous le savez, vous ? Moi, franchement, j’ai toujours un peu confondu. Voyons ce que Robert en dit : Equinoxe : Période de l’année où, le soleil passant par l’équateur, le jour a une durée égale à celle de la nuit, d’un cercle polaire à l’autre.
Solstice : Chacune des deux époques où le soleil atteint son plus grand éloignement angulaire du plan de l’équateur. Solstice d’hiver (21 ou 22 décembre), d’été (21 ou 22 juin) : jour le plus court et jour le plus long de l’année dans l’hémisphère nord.
Me voilà donc en retard par rapport à l’actualité, pour parler d’un moment inscrit de manière extrêmement précise dans notre calendrier par les astronomes. Pourtant, dans le champ unifié dont nous parlait Einstein, et avant lui les Rig Védas, il paraît que le temps n’existe pas... difficile à concevoir. Je ne suis donc pas en retard.
Alors disons qu’il s’agit d’un instant, un passage qui prend des allures de rituel et me touche ; du verbe toucher, entrer en contact avec. Peut-être parce que les saisons n’ont plus cours, parce que l’on trouve toutes sortes de légumes, de toutes saisons, partout, en même temps sur la planète. Peut-être parce qu’il n’y a plus de neige en hiver et qu’il fait tout le temps chaud, dans nos maisons ; dans nos voitures ; dans les lieux publics. Je n’ai plus froid ; je n’ai plus chaud ; je n’ai plus rien ; j’ai tout ce qu’il me faut, merci.
Dans mon poêle suédois le bois ne crépite plus et ne sent plus rien du tout, enfermé qu’il est dans sa jolie boîte transparente. On peut tout voir, mais on ne touche plus rien, du verbe toucher, entrer en contact avec. Et moi j’aime bien le bruit des bûches qui crépitent et cette odeur si forte qui me colle à la peau et déambule dans mes cheveux.
Peut-être aussi à cause de la lumière, cette lumière si particulière à l’automne et que l’on ne rencontre que sous nos latitudes. Une déclinaison ambrée qui se conjugue du ciel à la terre avec des plus-que-parfait qui toupillent entre les deux, dans les arbres.
Curieusement, j’ai perdu toutes mes notes sur l’automne, deux jours de recherche : symboles ; moissons ; fêtes, religieuses et païennes ; astronomie. L’histoire de l’automne. Je ne vais pas tout recommencer. Et voici cette information nouvelle :
"Hello my little neutrinos in the blue sky,
voilà un ange et du feu pour toi".
L’ange s’appelle Michael ; l’archange qui, dans la tradition chrétienne, est lié à l’automne par son rang de gardien et guerrier de la lumière, à cette heure étrange où le jour et la nuit ont la même intensité. C’est comme un grand silence qui s’affronte à lui-même.
Voici un ange, et du feu pour toi.
Ah ! j’allais oublier de vous donner la définition d’un neutrino : particule (lepton) électriquement neutre, de masse infime, capable de traverser toute matière.
Bien que le Robert ne le dise pas, les scientifiques se penchent sur la question depuis des décennies :
le neutrino est une particule dont on ne connaît ni la provenance, ni la destination et qui, à chaque instant, par milliards de milliards, nous traverse, ainsi que tout le monde, visible et invisible.
Et je voudrais bien que l’équinoxe d’automne me traverse, comme ces neutrinos qui tamisent le monde en un seul instant ; me laisser toucher par ce feu de lumière et entrer en contact avec l’automne.